Atelier d'espace urbain

Blog - RELIRES04

RELIRES04

Dans une interview télévisée de 1961, le vieux Gaston Bachelard se voyait attribuer cette remarque, au fil de l'entretien : « Pour devenir l’auteur d’un livre qu’on lit, il faut le lire plusieurs fois de suite. » Il enchaînait : « On ne le lit jamais de la même façon ! » Mais que signifie ce « devenir (l’)auteur » ?

Le vieux Bachelard parlait de la rêverie des poètes, de leurs « sonorités écrites », et de la rêverie à les lire et à les relire… Quelque part dans L’air et les songes, il parlait, toujours à propos des poètes, le « l’invincible désir d’être relu. » Ce à quoi il pensait, quant à l’imagination dans la lecture, conduisant à ce « devenir (l’) auteur », c’était sans doute ce « contact sous-cutané » avec l’écrivain. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une sorte de complicité avec l’être qui a noirci le papier. Relire, qui est récursif, remonte aux espacements blancs laissés pour que s’établissent l’écrit & les lectures dans l’espace & dans les temporalités. L’enthousiasme qui préside aux deux versants, qu’il soit d’essence poétique ou critique, il opère pour toute lecture à laquelle on se livre vraiment, avec le projet de ne pas en rester à l’aperçu. L’urbain se déchiffre aussi par lectures successives, entremêlées dans leurs différences et dans leurs résonances asynchrones, par un patient décryptage des relations de toutes sortent qui le constituent selon des rythmes parfois simple, parfois complexes, intriqués, parfois antagoniques, toujours propices à la production du sens. Les usages de l’urbain sont plus complexes encore, car mixant structures profondes et aléatoire, circonstanciel et momentané, autant de paramètres uniquement compréhensibles dans leur actualisation… dans l’absurde, ce qui implique d’autant plus d’attention que les enjeux sont instables...

A suivre …

RB